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Global Summit of Women 2003
Marrakech, Morocco
HOLDING ONTO
YOUR PRODUCTS AND IDEAS: INTELLECTUAL PROPERTY
Meriem Kabbaj, Director of Communication and Development,
Sochepress
Mesdames,
Messieurs,
Tout
d’abord, qu’il me soit permis de vous remercier de m’avoir invitée à
participer à ce Forum, et de me permettre d’apporter ma modeste contribution
en vous présentant une communication sur la Propriété Intellectuelle.
La tenue de
vos assises dans notre pays constitue une reconnaissance des potentialités
que recèlent des pays émergents comme le notre, pays qui s’affirment de plus
en plus comme des acteurs crédibles du développement durable. Notre
expérience, comme nos idées, sont désormais des forces de proposition
nécessaires à l’incontournable dialogue Nord-Sud, où les femmes sont
appelées à jouer un rôle primordial.
Or dés que
l’on évoque cette dichotomie entre le Nord et le Sud, on se met
paradoxalement en porte à faux avec l’idée de mondialisation. Car, en fin
de compte, la globalisation ne peut pas faire l’économie de spécificités
parmi lesquelles la culture tient une place prépondérante.
Ces notions
de spécificité et d’identité culturelles, d’universalisme et de
globalisation sont partie intégrante du sujet de cette communication, qui
porte sur le sujet suivant : « Comment protéger vos produits et vos
idées : la propriété intellectuelle ».
Ce thème
recouvre des considérations d’ordre général, mais forcément relativisées
par des expériences concrètes. En l’occurrence, le Royaume du Maroc occupe
une place singulière. Contrée aux influences séculaires, notre pays a su
conjuguer les expériences de l’Orient avec celles de l’Occident. Pays arabe,
nous sommes également dans la mouvance de la francophonie. Ce bilinguisme
plus ou moins bien assimilé, se décline sous aussi différentes formes. C’est
ainsi qu’en matière de « propriété intellectuelle », l’héritage
français est incontournable chez nous.
Lorsque
l’on veut évoquer la protection des produits et idées intellectuels dans un
pays comme le nôtre, il faut malheureusement reconnaître qu’à l’instar
d’autres pays en voie de développement, le fléau du piratage et du non
respect des droits d’auteur connaît des proportions alarmantes. Mais cette
ambivalence n’est pas ingérable.
Pour ne pas
m’éloigner des réalités, je limiterai mon intervention au domaine des biens
culturels et des oeuvres de l’esprit. Si le Royaume du Maroc a ratifié les
grandes conventions internationales en matière de droit d’auteurs et droit
voisins, droit patrimonial, droit moral, on ne peut malheureusement nier
que sur le terrain, le respect de ces grands principes est plutôt aléatoire.
C’ est ainsi
que, dans certains cas, dés lors que l’on souhaite suivre les procédures en
vigueur , le cadre administratif est tel que les principaux intéressées, en
l’occurrence les auteurs, sont confrontés à des situations kafkaïennes.
C’est notamment le cas des auteurs et compositeurs dramatiques, qui doivent
s’adresser aux autorités locales, lesquelles, curieusement, dépendent encore
de la SACEM française (Société des Auteurs et Compositeurs Editeurs de
Musique). Il s’agit là d’un vieil héritage du Protectorat français, où le « Bureau
Africain des Droits d’Auteur » était la référence, avant de devenir le
Bureau Marocain des Droits d’Auteur.
Certes, une
législation proprement marocaine existe maintenant.
Pour ce qui
est des droits d’auteur, ils sont régis par la loi du 15 Février 2000
relative aux droits d’auteur et droits voisins, qui a abrogé le Dahir du 29
juillet 1970 relatif à la propriété des œuvres littéraires et artistiques.
Ces deux
textes législatifs sont censés protéger les produits et les idées, notamment
par des mesures coercitives dissuasives. Ainsi les articles 56, 57, 58, 59,
60 et 61 du Dahir de 1970 prévoyaient des sanctions qui pouvaient aller
jusqu’à « la saisie des recettes provenant de toute reproduction,
représentation ou diffusion, par quelque moyen que ce soit, d’une œuvre de
l’esprit, effectuée en violation des droits de l’auteur ». Mais dans la
loi du 15 Février 2000, seul l’article 64 concerne les sanctions
pénales .Il stipule notamment que « le montant de l’amende est fixé par
le Tribunal compte tenu, des gains que le défendeur a retirés de la
violation […] les autorités judiciaires appliquent aussi les mesures et les
sanctions visées aux articles 59 et 60 du code de procédure pénale, sous
réserve qu’une décision concernant ces sanctions n’ait pas encore été prise
dans un procès civil ».
Or depuis
l’entrée en vigueur de cette loi, est-ce que la situation a évolué ? Que
remarque-t-on sur le terrain ? Hélas, le piratage n’a pas disparu. Le marché
de l’informel enregistre une croissance exponentielle, tandis que les
librairies et les maisons d’édition ou de production disparaissent petit à
petit. La majorité des auteurs sont lésés, voire pillés, cependant que
d’autres, davantage habitués aux rouages administratifs, engrangent
régulièrement des recettes conséquentes.
Cela dit, il
est important de noter que certains éditeurs de logiciels informatiques ont
su profiter de cette nouvelle législation. Non seulement ils ont engagé des
opérations d’envergure pour combattre la contrefaçon informatique, mais ils
ont également gagné des procès. A ce propos, j’aimerais vous soumettre une
interrogation qui me parait importante. Les multinationales, les grosses
entreprises, les sociétés parfaitement structurées ne vont-elles pas êtres
les seules à pouvoir bénéficier de ce cadre légal ? En effet, l’auteur x ou
y, anonyme, connaît-il seulement l’existence de cette loi ? Et quand bien
même la connaîtrait-il, aura-t-il les moyens financiers, la patience, et la
volonté d’intenter un procès contre des fraudeurs ? Car la majorité des
œuvres de l’esprit font partie de la sphère individuelle, puis familiale dés
lors que les droits d’auteur deviennent biens patrimoniaux. Si l’adage
affirme que nous sommes tous égaux devant la loi et que nul n’est censé
l’ignorer, la réalité est beaucoup plus complexe.
C’est
pourquoi, il me semble que l’un des remèdes à la violation de la propriété
intellectuelle, c’est la sensibilisation. On aura beau avoir les meilleures
lois du monde, si les citoyens ne sont pas éduqués pour respecter les
produits et les oeuvres d’autrui, la contrefaçon et le piratage auront
encore de beaux jours devant eux. A moins que les autorités ne prennent
les mesures adéquates.
Or, dans
notre pays, comment protéger efficacement les œuvres de l’esprit, alors que
même la contrefaçon industrielle semble difficilement maîtrisable? Inculquer
une éducation citoyenne est donc primordial. Et dans le domaine de la
propriété intellectuelle, les associations comme les ONG sont sans doute
appelées à jouer un rôle important. A cet égard on peut citer les efforts
déployés par le Bureau Marocains des Droits d’ Auteur ces dernières
années, comme par exemple : la promotion et l’organisation de journées
d’études en collaboration avec l’ Organisation Mondiale de la Propriété
Intellectuelle de Genève.
Mais
peut-être faut-il laisser le temps au temps, car même dans un pays
industrialisé comme la France, la question des droits d’auteurs a été longue
à traiter. C’est ainsi que l’actuelle Société des Auteurs et Compositeurs
Dramatiques n’a pu se faire respecter que depuis quelques années…alors que
l’embryon de son action remonte à l’illustre Beaumarchais, c’est-à-dire au
XVIIIe siècle ! C’est à force de courage, de persévérance, mais
surtout d’organisation, qu’elle a réussi à faire entendre sa voix. Mais
c’est sans doute aussi par ce que l’ensemble de la société a été sensible à
des notions d’éthique, que des actes répréhensibles ont pu être stoppés.
Par
conséquent, les pouvoirs publics comme les citoyens doivent s’unir pour
préserver les œuvres de l’esprit qui prennent forme dans des produits plus
ou moins largement diffusés et distribués. Les campagnes de sensibilisation
doivent aller de pair avec les mesures coercitives. Cela se fait déjà en
matière de propriété industrielle, notamment dans le secteur du luxe.
Pourquoi ne pas songer à une stratégie similaire dans le domaine de la
propriété intellectuelle ?
L’irrémédiable mondialisation ne doit pas être uniquement une sorte de grand
marché unique. Car, même si, grâce à L’ Organisation Mondiale de la
Propriété Intellectuelle et à
L’
Organisation Mondiale du Commerce, le droit d’auteur et les droits voisins
ont véritablement acquis une dimension mondiale, sur le terrain, hélas,
l’application de ces droits demeure encore fort problématique.
BELCAID NAFISSA
Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC)
Capital intellectuel (Créativité & Innovation)
=
Nouveaux moteurs de l’économie mondiale et prospérité nationale
Stratégie du pays pour exploiter ce capital intellectuel
Système
efficace de PI:
fondement de cette stratégie
Économie fondée sur le savoir
=
Bien
être d’une nation
*
des possibilités d’accès au système de PI
*
d’une exploitation judicieuse du système de PI
LA
PROPRIETE INTELLECTUELLE
Droit d’auteur Propriété industrielle
LA
MARQUE
Signe susceptible de représentation graphique servant à distinguer les
produits ou services d’une personne physique ou morale
Fonctions de la marque:
- Fonction de distinction ou de différenciation
- Fonction d’origine ou de provenance
- Fonction de qualité
- Fonction de publicité
LE DESSIN ET MODELE INDUSTRIEL
Aspect ornemental ou esthétique d’un objet
LE
BREVET D’INVENTION
Titre qui confère à son titulaire un droit exclusif d’exploitation d’une
invention brevetée
Invention:
toute solution nouvelle à un problème technique donné
Critères de brevetabilité d’une invention:
- nouveauté;
- activité inventive;
- application industrielle
q
priorité du dépôt
q
Droit de poursuivre en justice les auteurs d’actes portant atteinte aux
droits de propriété industrielle protégés
Le
système Propriété Industrielle PERMET:
*
l’obtention du droit exclusif d’exploitation (Monopole d’exploitation)
* la
diffusion de l’information (juridique, commerciale, technique --> Accès aux
nouvelles technologies)
* la
protection contre la concurrence déloyale (Instrument de régulation de la
concurrence)
LA
PI: ELEMENT STRATEGIQUE
DE L’ENTREPRISE
•
MIEUX S’INFORMER
•
MIEUX PROTEGER
•
MIEUX VALORISER
•
MIEUX DEFENDRE
LA
PROPRIETE INDUSTRIELLE
Patrimoine de l’entreprise
¯Les
titres de propriété industrielle sont des éléments incorporels du fonds de
commerce
¯Ils
sont le patrimoine de l’entreprise qui lui permet de se distinguer de la
concurrence
Principes fondamentaux instaurés par ces
conventions:
-
Droit de priorité
-
Traitement national
Conventions prévoyant une procédure de dépôt à l’échelon international:
l
Arrangement de Madrid concernant l’enregistrement international des marques
(14
avril 1891 --> Maroc: 1917)
l
Arrangement de La Haye concernant le dépôt international des dessins et
modèles industriels (6
nov.1925 -->Maroc: 1930)
l
Traité de Coopération en matière de brevets ( PCT)
(19
juin 1970 --> Maroc: 1999)
LOI
17/97 (relative à la propriété industrielle)
DUREE DE PROTECTION
l
Brevets: 20 ans
l
Schémas de configuration des circuits intégrés: 10 ans
l
Marques: 10 ans renouvelables indéfiniment
l
Modèles: 5 ans renouvelables deux fois
l
Créé
par la loi 13/99 (BO. du 9/3/2000)
l
Sous
tutelle du Ministère de l’Industrie, du Commerce
et des Télécommunications
l
Personnalité morale & Autonomie financière
REPRESENTATION DE L’OMPIC AU NIVEAU REGIONAL: 28 Antennes
(depuis 1995)
*
Services d'enregistrement des marques, des dessins & modèles et de
délivrance de certificats négatifs
*
Promotion au niveau local du système de la propriété
industrielle et du registre du commerce
+
CRIs
MISSIONS DE L’OMPIC
ü
Enregistrement en matière de propriété industrielle (Brevets, Marques,
Modèles)
ü
Protection des dénominations et des enseignes commerciales
ü
Centralisation des informations légales sur les entreprises commerciales
(RC, Statuts, … )
ü
Diffusion de l’information
ü
Sensibilisation des opérateurs économiques
L’OMPIC EN CHIFFRES
PROPRIETE INDUSTRIELLE
* 27
200 DEMANDES DE BREVETS (dont 7 000 brevets en vigueur)
*
11 000 DESSINS ET MODÈLES INDUSTRIELS (dont 7 500 en vigueur)
* 87 200 MARQUES NATIONALES (dont 48 000 marques en vigueur)
PROPRIETE COMMERCIALE
* 519 000 IMMATRICULATIONS PERSONNES PHYSIQUES
* 120 000 IMMATRICULATIONS PERSONNES MORALES
Site
WEB de l’OMPIC
NOUVEL
HABILLAGE du site
Quatre langues:: Français, Arabe, Anglais, Espagnol
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