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Quelque 700 dirigeantes d'entreprises, gouvernantes, hautes fonctionnaires ou cadres supérieures venues de 90 pays, ont pris acte des progrès réguliers, résumés par la présidente de ce 19e Sommet, Irene Natividad : "le monde compte plus de femmes qui travaillent et plus d'entrepreneuses".

"Davantage d'organismes, de banques, de gouvernements, s'intéressent à elles", a ajouté Zouera Youssoufou, financière chargée de la promotion des entrepreneuses à la Société Financière Internationale, qui encourage l'investissement privé dans les pays en développement.

"Il y a de plus en plus d'opportunités: des programmes de formation à la micro-finance, aux cartes de crédit spécialement élaborées pour les femmes qui entreprennent", a-t-elle poursuivi, citant les exemples de Goldman Sachs et American Express, qui ont développé des programmes spécifiques.

A Santiago, le Sommet des femmes avait un relief particulier, ouvert jeudi par Michelle Bachelet, le première présidente de l'histoire de son pays : elle approche de sa fin de mandat sur une popularité record (67%) pour un chef d'Etat chilien. Et en laissant des symboles forts.

"Les femmes chiliennes sentent à présent fortement que le monde leur est ouvert", disait-elle cette semaine en réfléchissant à l'impact de sa présidence. "Aujourd'hui, en visite de terrain, des petites filles me disent: je veux devenir comme toi, je veux être présidente du Chili !"

Discrimination sexuelle, conciliation carrière-famille, ou réticence persistante d'organismes (crédit) ou institutions: quels que soient les obstacles, le sommet n'a pu que constater que "les femmes qui dirigent une entreprise ou un pays sont encore trop peu nombreuses", selon Natividad.

Selon le site de Globewomen, réseau organisateur du Sommet, c'est la Norvège qui compte le plus femmes aux postes élevés, avec 38% de ses entreprises dirigées par elles. En comparaison, elles tiennent les rênes de seulement 15% des entreprises aux Etats-Unis, 9,7% dans l'Union Européenne.

En Amérique latine, une étude récente du magazine Latin Trade a relevé que 64% des comités directeurs des 100 plus grandes entreprises ne comptait aucune femme. Et qu'elles ne président que 5,1% d'entre eux.

"Il reste beaucoup de travail pour que la dignité et les droits économiques de la femme soient respectés", résumait María del Rosario Guerra, ministre des Communications de Colombie.

Car à l'autre bout de l'échelle, les femmes, aux emplois traditionnellement plus précaires, ont en proportion "été affectées de manière plus dure par la crise mondiale. Plus de 20 millions d'entre elles pourraient perdre leur emploi", a rappelé la ministre chilienne de la Femme Laura Albornoz.

Un rapport récent du Bureau international du travail (BIT) soulignait que les femmes devraient dans l'ensemble davantage souffrir du chômage que les hommes en 2009, tendance plus clairement sensible en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Mais crise ou pas, l'obstacle N.1 ce sont "les mentalités, les perceptions !" ont répondu en choeur les femmes interrogées au sommet par l'AFP. Des femmes qui, au-delà du symbole, croient en l'effet des législations. "La loi ouvre des possibilités, et les femmes en disposent", résume Youssoufou.
 

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